
Dakota Johnson lors de la soirée organisée par Bulgari Studio dans le cadre de la Fashion Week de New York, le 4 septembre 2024. (Getty Images)
Les Icones de la Mode Remettent Au Goût Du Jour Les Bijoux En Forme De Pièces de Monnaie, Sertis De Diamants
Vieille de plusieurs millénaires, cette tendance est soudain partout. Hailey Bieber, Rihanna, Anne Hathaway, Dakota Johnson et Emily Ratajkowski remettent au goût du jour les bijoux avec des pièces, ornés de diamants .
Alors que les influences historiques en matière de bijoux reviennent à la mode, les bijoux en pièces de monnaie ornés de diamants naturels connaissent enfin le renouveau qu’ils méritent. Remontant à la Rome antique et à l’Empire byzantin, les bijoux à pièces sont prisés depuis des siècles, de l’Égypte à l’Inde en passant par l’Europe de la Renaissance. Souvent portées comme symboles de protection, ces pièces représentent aussi bien des empereurs que des divinités indiennes, des dieux grecs et d’autres figures vénérées.
Au cours de l’histoire récente, les bijoux en pièces de monnaie ont connu plusieurs retours en force, de l’esprit bohème des années 1970 aux bijoux fantaisie Chanel des années 1990 qui ont envahi les podiums dans les années 1990. Aujourd’hui, les créateurs de bijoux les plus en vogue conçoivent des bijoux en pièces de monnaie ultra-convoités, parsemés de diamants naturels.
Présente depuis des millénaires, cette tendance joaillière est évoquée par Gurhan Orhan, fondateur et créateur de GURHAN, qui confie à The Diamond Collective : « Une pièce de monnaie renferme l’histoire de l’humanité ; un diamant naturel renferme l’histoire de la Terre. » Il ajoute : « Les pièces de monnaie anciennes absorbent la lumière ; les diamants la diffusent. »
« Les diamants ne doivent jamais faire concurrence à la pièce. Ils doivent la mettre en valeur. Ils peuvent illuminer une face, suivre le rythme d’une inscription ou créer un halo autour d’un objet qui a traversé les siècles. La pièce a déjà eu une vie. Les diamants m’aident à lui en offrir une autre. »
Découvrez ici tout ce qu’il faut savoir sur l’histoire et l’évolution des bijoux avec des pièces de monnaie, ainsi que la manière dont les diamants naturels ont redonné un nouveau souffle à cette technique ancestrale.
L’Histoire Des Bijoux Avec Des Pièces De Monnaie Remonte à Plusieurs Millénaires
Depuis des siècles, les pièces de monnaie sont intégrées dans des bijoux par de nombreuses cultures à travers le monde, et on les retrouve à tous les niveaux de la société.
Des artefacts découverts en Égypte, en Afrique du Nord et dans l’ensemble du bassin méditerranéen témoignent de l’ancienneté des bijoux à pièces, dont les origines remontent à l’époque hellénistique. Sous l’Empire byzantin, les pièces de monnaie étaient déjà transformées en pendentifs, en bracelets, en ceintures et en bagues.
À la fin de l’Antiquité, les maîtres orfèvres enchâssaient les pièces de monnaie dans de somptueuses montures ornées de motifs ajourés en or et de bustes sculptés en haut-relief, créant ainsi de somptueux médaillons à l’effigie de dirigeants tels que Constantin le Grand. Des versions plus modestes comportaient des pièces de bronze, simplement ajourées et enfilées, destinées à plaire à tous, quel que soit le statut social. Cependant, plus une personne portait de pièces de monnaie et de bijoux, plus son rang social était élevé. Considérés comme des objets de famille, les bijoux à base de pièces de monnaie étaient souvent le fruit de plusieurs générations de collectionneurs.


À Byzance, la valeur d’une pièce était directement liée à son poids. Tout comme aujourd’hui, l’État contrôlait strictement la frappe des pièces. Si les pièces en bronze et en argent étaient les plus courantes, des pièces plus rares, telles que le solidus et le tremissis, circulaient également dans l’économie. À partir du IVe siècle de notre ère, la principale pièce d’or était le solidus, qui pesait environ 4,5 grammes. On retrouvait également fréquemment des pièces de monnaie dans les bijoux traditionnels indiens, ainsi que dans les bijoux de la Renaissance.
On pensait même que les bijoux à base de pièces de monnaie permettaient de rapprocher un roturier, qui les portait, et un empereur, dont l’effigie y figurait. Lorsqu’un souverain était représenté sur un bijou à base de pièce de monnaie et que celui-ci était porté à même la peau, on estimait que cette pratique rapprochait les deux personnes, comblant le fossé entre les classes sociales et invoquant la protection de l’empereur. Beaucoup considéraient également ces pièces comme des talismans, censés protéger de manière surnaturelle celui qui les portait contre le malheur, la maladie et les mauvais esprits.

« C’est peut-être là une autre forme de réincarnation : la personne disparaît, l’empire disparaît, mais l’objet lui, survit et et revient avec une nouvelle raison d’être »
« Les gens ont commencé à porter des pièces de monnaie presque dès leur apparition. Elles étaient portées comme symboles de richesse et d’allégeance, mais aussi comme protection, souvenir et porte-bonheur », explique Gurhan Orhan. À la fin du IVe siècle, les autorités ecclésiastiques ont même critiqué le fait de porter des bijoux composés de pièces de monnaie à la place d’amulettes et de talismans protecteurs. Un objet, une pièce de bronze percée datant de Justinien Ier, comporte une inscription en grec qui se traduit par « Que le Seigneur protège celui qui la porte ».


« Une pièce de monnaie est bien plus qu’un simple moyen de paiement », explique Orhan. « Elle peut représenter le portrait d’un empereur, un symbole religieux, un message politique ou un petit témoignage d’une civilisation disparue. Une fois portée, elle devient personnelle. Elle a peut-être appartenu à quelqu’un il y a deux mille ans, et aujourd’hui, elle appartient à quelqu’un d’autre. Cette continuité me fascine. » Il poursuit : « C’est peut-être une autre forme de réincarnation : la personne disparaît, l’empire disparaît, mais l’objet survit et revient avec une nouvelle raison d’être. »
Bulgari Rend Hommage Aux Bijoux Antiques Ornés De Pièces De Monnaie Avec Sa Collection Monete
Parmi les motifs les plus célèbres de Bulgari, la collection « Monete » intègre des pièces de monnaie anciennes dans des créations luxueuses, en hommage à une longue tradition joaillière qui remonte à la Rome antique.
La maison de joaillerie italienne a commencé dès 1966à intégrer des pièces de monnaie vieilles de 2 000 ans dans ses créations , alliant ainsi les attributs de la gloire impériale de Rome à une esthétique contemporaine et ce grâce à Nicola Bulgari, « passionné de numismatique » et petit-fils du fondateur de la société, Sotirio Bulgari. Chaque bijou met en valeur la pièce de monnaie, conservée dans son état d’origine et gravée des noms des empereurs, des dates de leur règne, de leur provenance et de leur type, dans un sertissage aux contours parfaits.
Il expérimenta différentes façons d’intégrer des pièces de monnaie à des ras-de-cou et à des broches, avant de concevoir une collection couronnée de succès de longs colliers spectaculaires aux chaînes et aux pendentifs retombant en cascade.




En interne, la maison de joaillerie italienne désignait ces reliques anciennes sous le nom de « gemmes-pièces ». Par respect pour l’histoire, Bulgari a perpétué la tradition consistant à sertir des pièces de monnaie dans des bijoux, préservant ainsi des pièces rares provenant de la Méditerranée antique et d’Europe datant du Ve siècle av. J.-C., ainsi que des pièces américaines du XXe siècle.
La collection Monete de Bulgari comprend des bijoux de haute joaillerie : des bagues, des boucles d’oreilles, des colliers, des bracelets, des montres secrètes, ainsi que des objets d’art tels que des cendriers, des coffrets et bien d’autres pièces encore.
Anne Hathaway, ambassadrice de la marque, se compte parmi les fans de cette réinterprétation créative de l’Antiquité. À l’occasion de la séance photo londonienne de « L’Odyssée », Anne Hathaway incarnait à merveille une déesse grecque dans une robe blanche angélique agrémentée de bijoux Bulgari. L’actrice oscarisée portait une montre secrète Monete Catene Haute Joaillerie en or rose 18 carats. Dotée d’un bracelet à maillons serti de diamants naturels, la pièce d’argent à l’effigie de l’empereur Caracalla (qui régna de 198 à 217 après J.-C.) s’ouvre pour révéler un cadran en nacre et des index en diamants.


En 2023, Anne Hathaway a assisté au Met Gala, vêtue d’une robe en tweed d’inspiration vintage signée Atelier Versace, à la coupe déstructurée et ornée d’épingles à nourrice, accompagnée de bijoux Bulgari Haute Joaillerie sertis de diamants naturels, mettant en scène des pièces de monnaie antiques réinterprétées en bijoux contemporains.
En hommage à la fabuleuse histoire de Rome, Anne Hathaway portait le ras-de-cou Monete sur mesure de la maison Bulgari, orné de pièces de monnaie antiques et maintenu par un collier serti de diamants. Elle l’avait associé à une multitude de bagues Monete ornées de pièces anciennes, mêlées à des bagues Serpenti serties de diamants. Cette année-là, le Gala rendait hommage à la vie et à l’œuvre du directeur artistique de Chanel, Karl Lagerfeld, connu pour intégrer à ses collections de larges ceintures ornées de pièces d’or, ainsi que des breloques et des pendentifs.


La Pièce à l’Effigie de la Couronne : Un Hommage En Diamants à la Reine Elizabeth II
En 2023, l’East India Company a dévoilé une grande pièce d’or, frappée en l’honneur de la reine Élisabeth II à l’occasion du premier anniversaire de son décès, ornée de 6 426 diamants naturels certifiés par le GIA.
D’une taille comparable à celle d’une grande assiette ou d’un ballon de basket, cette pièce, judicieusement baptisée « The Crown Coin », a été façonnée à partir de près de 3,6 kg d’or. D’un diamètre supérieur à 24,4 cm, cette pièce de luxe unique en son genre réunit onze pièces en or 24 carats, dont la pièce centrale pèse à elle seule plus de 900 grammes.
Six des pièces qui entourent la pièce centrale représentent les vertus cardinales figurant sur le Victoria Memorial, situé devant le palais de Buckingham : le courage, la justice, la vérité, la victoire, la charité et la constance. Les cinq autres retracent chronologiquement, dans le sens des aiguilles d’une montre, l’évolution du portrait de la reine, notamment à travers les portraits de Machin et de Jody Clark. Au revers de ce chef-d’œuvre, la pièce centrale célèbre le Jubilé de platine de la reine, avec une inscription mémorable commémorant les 70 années de son règne, de 1952 à 2022.
Sur l’une des faces, une profusion de diamants est agencée de manière à reproduire le drapeau du Royaume-Uni, tandis que le sertissage de diamants au revers s’inspire des diadèmes richement ouvragés de la défunte souveraine. Au total, ces pierres précieuses, âgées de deux milliards d’années, pèseraient plus de 475 carats.


Cette pièce commémorative unique en son genre a été qualifiée d’« objet d’art » par l’entreprise et porte des citations de la reine Élisabeth. Sur le côté, on peut lire : « Avec l’âge vient l’expérience, qui peut être une véritable vertu lorsqu’elle est mise à profit à bon escient. À condition d’être prêts à laisser les différends du passé derrière nous et à avancer ensemble ». De l’autre côté, la bordure comporte une inscription tirée de sa première allocution télévisée en 1957 : « Tout au long de ma vie et de tout mon cœur, je m’efforcerai de me montrer digne de votre confiance. Je m’engage à accomplir et à tenir les promesses que je viens de vous faire, avec l’aide de Dieu.»
Le président-directeur général de la Compagnie des Indes orientales, Sanjiv Mehta, estime la valeur de cet hommage à « environ 23 millions de dollars », compte tenu de la qualité des matériaux et de la complexité des processus de fabrication, qui ont mobilisé des artisans du Royaume-Uni et d’Inde à Singapour, en Allemagne et au Sri Lanka, et dont la réalisation a nécessité plus d’un an en partenariat avec le territoire britannique d’outre-mer de Sainte-Hélène. Le projet était déjà en cours avant le décès de la reine Élisabeth, survenu en 2022 à l’âge de 96 ans.
Cet hommage majestueux pourrait bien figurer parmi les pièces les plus précieuses de l’histoire, son prix estimé dépassant celui du rare « Double Eagle » américain de 1933, adjugé pour 18,9 millions de dollars chez Sotheby’s à New York en juin 2021. Cette dernière détient désormais le record du monde Guinness de la pièce la plus chère jamais vendue aux enchères.
Les Icones de la Mode qui Remettent Au Goût Du Jour Les Bijoux En Forme De Pièces de Monnaie, Sertis De Diamants
Les créateurs contemporains joignent le geste à la parole en matière de bijoux, en intégrant dans leurs collections des pièces de monnaie ornées de diamants naturels. Qu’ils arborent le symbole du signe du zodiaque ou d’autres messages significatifs et sincères, les bijoux en forme de pièce de monnaie sont devenus un incontournable personnalisable pour les célébrités. Hailey Bieber, Taylor Swift, Emily Ratajkowski, Rihanna, Dakota Johnson et bien d’autres encore ont intègré ces bijoux à leur garde-robe.
L’attrait des célébrités n’est pas nouveau. Même Elvis était connu pour chérir ses bijoux en pièces de monnaie. On sait qu’il portait, dans les années 1970, une bague composée d’une pièce d’or américaine de 2,50 dollars datant de 1914, entourée de 35 diamants ronds totalisant environ 0,70 carat. On raconte qu’il l’aurait ensuite offert à Dave Hebler, membre de la « Memphis Mafia ». Il portait également une autre bague en forme de pièce d’or, composée d’une pièce américaine « Liberty » de 2,50 dollars datant de 1853, entourée d’un halo de diamants naturels, qu’il portait dans le film de la MGM sorti en 1970, Elvis: That’s the Way It Is.



Des marques de bijoux telles que Marlo Laz, Anita Ko, Lionheart, FoundRae, David Yurman, Gurhan et bien d’autres encore ont repris cette tradition, en les parant de diamants à la fois délicats et bien mis en valeur.
La nouvelle collection de Harwell Godfrey, « Gold Rush », rend hommage à la ruée vers l’or en Californie et au charme intemporel de l’or. Des fers à cheval, des flèches et des pièces de monnaie ornés de diamants sont réinventés en talismans modernes. Sa pièce « Heads or Tails » est un pendentif réversible dont l’une des faces représente la tête d’un cheval avec la mention « Heads », tandis que l’autre face représente l’arrière-train du cheval, avec la mention « Tails ». Son modèle « Lucky Penny » est disponible sous forme de bague, de collier et de pendentif, avec une pièce de 1 cent incrustée de diamants, dont le revers porte astucieusement l’ancien adage : « Trouvez un penny, ramassez-le. Toute la journée, la chance vous sourira. »


Le créateur Gurhan Orhan se sent « étrangement lié au monde antique ». Il explique : « Il m’arrive parfois de plaisanter en disant que je suis peut-être la réincarnation d’un orfèvre — ou que j’ai déjà exercé ce métier dans une autre vie. Les techniques et les objets anciens ne me semblent jamais étrangers ; ils me sont familiers. »
Orhan déclare : « Les pièces de monnaie sont particulièrement puissantes, car elles ont déjà mené une vie avant d’arriver jusqu’à moi. Elles sont passées entre de nombreuses mains, ont franchi des frontières, ont survécu à des empires et ont porté les visages et les symboles de civilisations. Mon travail ne consiste pas à leur redonner un aspect neuf. Je les entoure d’or martelé à la main, d’une manière qui respecte leur âge et leur permette d’entamer une nouvelle vie en tant que bijoux. »
Orhan trouve ses pièces en collaborant avec des marchands de confiance, des collectionneurs, des maisons de vente aux enchères et grâce aux relations qu’il a nouées au fil des ans. « Je ne recherche jamais la pièce la plus rare ou la plus chère. Je cherche celle qui me parle », explique-t-il. « Cela peut être l’expression d’un visage, la force d’un animal, un beau symbole, l’usure sur les bords, voire une imperfection. »

























